Dry January : sobriété assumée côté clients, défi stratégique côté restaurateurs

Auteur :

Manon Klédor

Dry January : sobriété assumée côté clients, défi stratégique côté restaurateurs

Peut-on faire la fête sans alcool sans plomber l’ambiance… ou la caisse des bars ? Alors que 100 % des clients interrogés comptent consommer plus de boissons sans alcool à l'avenir, les restaurateurs, eux, oscillent entre opportunité stratégique et perte de revenus. Plongée au cœur du "Chiche Project" pour décrypter les nouveaux codes de la sobriété.

À l’issue du Dry January, une double enquête menée auprès de clients du Social bar pendant le Chiche Project et de restaurateurs partenaires met en lumière une réalité nuancée : si la sobriété s’impose durablement dans les usages, elle reste un défi économique pour une partie des établissements.

Côté clients, les résultats sont sans appel

91 % déclarent s’être autant amusés lors d’une soirée sans alcool que lors d’une soirée classique, avec une note moyenne d’ambiance de 8,5 sur 10. Loin de freiner les interactions sociales, l’absence d’alcool ne les modifie pas pour 73 % des répondants, et les améliore même pour près d’un sur cinq. Plus encore, 100 % des participants envisagent de consommer davantage de boissons sans alcool à l’avenir.

Cette évolution des comportements ne rime pas avec une baisse de valeur perçue.

57 % des clients se disent prêts à payer un mocktail premium au même prix qu’un cocktail alcoolisé, et 85 % estiment avoir dépensé autant que d’habitude, compensant souvent par une consommation accrue de nourriture.

Côté restaurateurs, le tableau est plus contrasté

Près de la moitié des établissements interrogés évoquent un impact négatif sur leur chiffre d’affaires en janvier, certains parlant d’une baisse significative. Toutefois, 43 % parviennent à maintenir un ticket moyen stable grâce à une offre sans alcool structurée, confirmant le rôle du no/low comme levier de résilience plutôt que comme menace. Pour Renaud Seligmann en revanche, fondateur du Social bar à l’initiative du Chiche Project, le constat est sans appel : en vendant exclusivement des boissons sans alcool, il s’est privé de 40% de son chiffre d’affaires. En effet, les entreprises, qui représentent 30% de son chiffre d’affaire habituel, n’ont pas été au rendez-vous. De plus, il constate que les clients n’osent pas porter socialement la décision de la soirée sans alcool : difficile de convaincre tout son groupe d’amis de ne pas céder à l’appel de la bière.

Autre enseignement clé : la clientèle sans alcool progresse

55 % des professionnels constatent une hausse par rapport à l’année précédente, signe que le Dry January agit moins comme un phénomène ponctuel que comme l’accélérateur d’une tendance de fond.

« Les habitudes changent. Le sans alcool n’est plus un substitut mais une attente », résume un restaurateur interrogé.

Pour 60 % des professionnels, cette consommation est appelée à s’ancrer durablement tout au long de l’année. Pour le Social bar, la décision est prise : la carte sera désormais composée à 50% de boissons sans alcool, et des soirées “Sober” seront organisées régulièrement à l’avenir.

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